NOTE : Mozambique - un régime de change encore stable, mais sous une pression croissante

La référence la plus récente et la plus complète est le rapport du FMI réalisé dans le cadre de la consultation annuelle au titre de l'article IV, publié en février 2026.

https://www.imf.org/en/publications/cr/issues/2026/02/19/republic-of-mozambique-2025-article-iv-consultation-press-release-staff-report-and-574050

Le metical, officiellement en régime flottant, est maintenu quasi stable face au dollar depuis début 2021, autour de 64 MZN/USD. Cet ancrage a jusqu'à présent permis de contenir l'inflation, qui s'établissait à 3,2 % en décembre 2025, sous la cible de 5 %.

Ce succès apparent a toutefois un coût croissant. Le FMI considère le metical comme surévalué : le taux de change effectif réel s'est apprécié d'environ 22 % depuis mi-2021 (c'est-à-dire après prise en compte des écarts d'inflation avec ses principaux partenaires commerciaux). Surtout, le Fonds met en évidence une pénurie de devises qui s'aggrave. Les délais d'obtention des dollars sont de plus en plus longs, au point de menacer les importations essentielles (carburant, alimentation, médicaments) et de pousser davantage de flux vers d'autres sources de liquidité.

La prime du dollar sur le marché parallèle a atteint environ 14 % fin 2025. Si cet écart reste, à ce stade, relativement contenu, c'est en grande partie grâce au niveau encore confortable des réserves de change. Le Mozambique dispose d'environ 4,2 milliards de dollars de réserves brutes à fin 2025 (3,5 milliards en net), soit près de 6,5 mois d'importations hors mégaprojets. À titre de comparaison, le Malawi dispose d'environ deux mois de couverture en réserves brutes, et sensiblement moins en réserves nettes.

Tant que les réserves demeurent suffisantes, la stabilité du taux de change reste défendable. En revanche, le rationnement durable des devises devrait continuer à peser sur les importations et la croissance (0,5 % en 2025). Si les réserves de change s'érodent, l'ajustement pourrait alors devenir beaucoup plus brutal, un risque que le maintien prolongé de l'ancrage contribue paradoxalement à accroître.

Recherche interne - 03 juillet 2026

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